Le back-office dans Forge (forge-mvc-admin)¶
Ce document explique ce que fait l'opt-in forge-mvc-admin, ce qu'il expose, et comment on s'en sert.
forge-mvc-admin fournit un back-office applicatif : on déclare des ressources administrables, on les enregistre, et l'opt-in branche un tableau de bord avec liste, fiche et CRUD, sécurisé par défaut (auth + CSRF), RBAC optionnel.
Le cœur ne fournit pas de back-office : ce paquet en est un châssis explicite, piloté par un registre de ressources.
1. Rôle du module
Administrer ses données demande des écrans répétitifs : lister, voir, créer, modifier, supprimer.
L'opt-in les génère à partir d'une déclaration : un AdminResource décrit quelle entité administrer et avec quels champs ; le AdminRegistry collecte ces ressources ; register_admin_routes branche le back-office.
Le câblage reste explicite : on enregistre les ressources et on branche les routes soi-même (couche optins/), sans découverte magique.
2. Installation
Prérequis : activez le venv du projet
Quelle que soit la source, installez dans le venv du projet :
Lancé hors d'un venv, pip vise le Python système (Debian 12+, Ubuntu 23.04+),
protégé par PEP 668. Il refuse alors d'installer, pour ne pas écraser les paquets
gérés par apt, et affiche externally-managed-environment.
Le venv de projet créé par forge new n'a pas ce verrou.
Installer le paquet¶
B. Depuis Git (avant-garde)¶
Cœur puis opt-in depuis git, dans le venv du projet (l'opt-in trouve le cœur git déjà en place, sans version publiée sur PyPI) :
3. Mise en service
Installer le paquet ne suffit pas à le rendre opérationnel.
Voici les gestes propres à forge-mvc-admin, dans l'ordre.
Ils déclinent la procédure canonique, Rendre un opt-in opérationnel : les cinq
points.
1. L'épingler¶
Dans requirements.txt, à la même version ou au même commit que forge-mvc.
Sans cette ligne, l'opt-in n'existe que sur votre machine.
2. L'inscrire¶
L'opt-in est inscrit dans optins/registry.py (ADR-061), ce qui le rend visible du
projet.
--apply est obligatoire : sans lui, la commande simule et n'écrit rien.
3. Poser ce dont il a besoin¶
Cet opt-in n'apporte aucune table, mais il a tout de même une initialisation :
Elle génère mvc/admin/, où l'application déclare ses ressources administrables.
Ne pas avoir de tables ne veut pas dire n'avoir rien à faire.
4. Le brancher là où il agit¶
Il se branche dans app.py, là où l'application compose ses middlewares et ses
fournisseurs de contexte. Ce câblage vous appartient : Forge ne l'écrit jamais à
votre place (principe 9).
5. Le prouver¶
Puis un premier usage réel.
Un opt-in installé, inscrit et provisionné qu'aucun code n'appelle n'est pas
opérationnel : il est seulement présent.
4. Désinstallation
opt-in:disable est l'inverse d'enable : il dé-inscrit du registre, sans toucher au paquet.
forge opt-in:remove admin affiche la commande pip uninstall sans l'exécuter.
5. Commandes
forge-mvc-admin ajoute ces commandes :
| Commande | Rôle | Exemple |
|---|---|---|
admin:init |
Prépare la structure mvc/admin/ (write-if-new). |
forge admin:init |
admin:doctor |
Vérifie la cohérence des ressources avec les contrats d'entité (lecture seule). | forge admin:doctor |
6. Vue d'ensemble rapide
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Paquet | forge-mvc-admin |
| Module | forge_mvc_admin |
| Catégorie | Exploitation et outillage (ADR-055) |
| Couche | opt-in (brique optionnelle) |
| Dépend de | forge-mvc ; RBAC optionnel (forge-mvc-rbac) |
| API publique | AdminResource, AdminRegistry, registry, AdminController, register_admin_routes |
| Sécurité | auth + CSRF par défaut, permission RBAC optionnelle |
| Templates | embarqués (templates/admin/…, ADR-046) |
| Commandes | admin:init, admin:doctor |
| Exceptions | AdminError, AdminResourceError, AdminRegistryError |
| Installation | pip install --pre forge-mvc-admin |
7. Schémas UML
Les deux schémas suivants montrent deux vues complémentaires de l'opt-in.
Le diagramme de classe montre la ressource, le registre et le branchement.
Le diagramme de séquence montre l'affichage d'une liste administrée.
5.1 Diagramme de classe¶
Le diagramme de classe montre que des AdminResource sont enregistrées dans un AdminRegistry, que register_admin_routes lit pour brancher le AdminController.
classDiagram
direction LR
class AdminResource {
<<dataclass>>
+str entity
+str slug
+str label
+tuple list_fields
+tuple form_fields
+str table
+str pk
}
class AdminRegistry {
+register(resource) AdminResource
+get(slug) AdminResource
+all() tuple
}
class AdminController {
+list / detail / create / edit / delete
}
class http {
<<module>>
+register_admin_routes(router, registry, permission)
}
AdminRegistry --> AdminResource : contient 0..*
http --> AdminRegistry : lit
http --> AdminController : branche
AdminController --> AdminResource : pilote les écrans
À retenir :
- un
AdminResourcedécrit une entité administrable (champs liste/formulaire) ; - le
AdminRegistrycollecte les ressources déclarées ; register_admin_routesbranche le contrôleur sur le routeur ;- le contrôleur produit les écrans CRUD à partir des ressources.
5.2 Diagramme de séquence¶
Le diagramme de séquence montre l'affichage d'une liste, sécurisé.
sequenceDiagram
actor Admin
participant Routes as register_admin_routes
participant Ctrl as AdminController
participant Reg as AdminRegistry
participant DB as Base
Admin->>Routes: GET /admin/<slug>
Routes->>Routes: vérifie auth (+ CSRF, + permission)
Routes->>Ctrl: list(slug)
Ctrl->>Reg: get(slug) -> AdminResource
Ctrl->>DB: lit les lignes (list_fields, pagination)
Ctrl-->>Admin: liste rendue (template embarqué)
À retenir :
- l'accès est protégé avant tout traitement (auth + CSRF) ;
- une permission RBAC peut être exigée (
permission=) ; - le contrôleur s'appuie sur la ressource pour savoir quoi afficher ;
- les templates du back-office sont embarqués (ADR-046).
8. API publique
| Élément | Signature | Rôle |
|---|---|---|
AdminResource |
dataclass | entity, slug, label, plural_label, list_fields, form_fields, table, order_by, pk |
AdminRegistry.register |
register(resource) -> AdminResource |
enregistre une ressource |
AdminRegistry.get / .all |
lecture | une ressource / toutes |
registry |
instance globale | registre par défaut |
register_admin_routes |
register_admin_routes(router, *, registry=None, permission=None) -> None |
branche le back-office |
AdminController |
classe | contrôleur des écrans CRUD |
AdminError, AdminResourceError, AdminRegistryError |
exceptions | erreurs |
9. Contextes d'utilisation
| Besoin | Élément |
|---|---|
| Préparer le back-office | forge admin:init |
| Déclarer une entité administrable | AdminResource(...) + registry.register(...) |
| Brancher les écrans | register_admin_routes(router) |
| Exiger une permission | register_admin_routes(router, permission="admin.access") |
| Vérifier la cohérence | forge admin:doctor |
10. Exemples d'utilisation
8.1 Déclarer une ressource et brancher le back-office¶
# optins/admin/routes.py (couche optins du projet)
from forge_mvc_admin import AdminResource, registry, register_admin_routes
registry.register(AdminResource(
entity="Article",
slug="articles",
label="Article",
plural_label="Articles",
list_fields=("title", "status"),
form_fields=("title", "body", "status"),
table="article",
))
def register(router) -> None:
register_admin_routes(router, permission="admin.access")
forge opt-in:enable admin --apply crée la couche ; le branchement reste explicite.
Aide-mémoire
Déclarer, enregistrer, brancher :
AdminResourcedécrit l'entité ;registry.registerla collecte ;register_admin_routesbranche les écrans sécurisés.
11. Sécurité, templates et cohérence
Les routes du back-office exigent une session authentifiée et protègent les écritures par CSRF ; une permission RBAC peut être requise via permission=.
Les templates du back-office sont embarqués dans le paquet et enregistrés auprès du cœur (ADR-046) : render("admin/…") les résout sans copie dans le projet.
Sécurisé par défaut
Le back-office n'est pas public : auth obligatoire, CSRF sur les écritures.
Combinez avec forge-mvc-rbac pour restreindre l'accès par permission.
Cohérence avec les entités
forge admin:doctor vérifie (en lecture seule) que les ressources déclarées correspondent aux contrats d'entité, pour éviter une ressource qui pointe un champ inexistant.
Indépendance du cœur
Le cœur de Forge ne dépend pas de forge-mvc-admin : la dépendance va de l'opt-in vers le cœur.
Construction du SQL (query.py)¶
Le module query.py construit le SQL des ressources du back-office à partir d'un AdminResource, en ne laissant entrer que des identifiants déclarés et revalidés (anti-injection).
Il expose les constructeurs build_list_sql, build_count_sql, build_get_sql, build_insert_sql, build_update_sql, build_delete_sql, et leurs exécuteurs list_rows, count_rows, get_row, insert_row, update_row, delete_row.
12. Actions groupées
Le back-office ne savait supprimer qu'une ligne à la fois (ADMIN-BULK-ACTIONS-001) : nettoyer deux cents inscriptions de test demandait deux cents allers-retours, et deux cents confirmations.
AdminResource(
entity="Article", slug="articles", label="Article", plural_label="Articles",
list_fields=("id", "titre", "statut"), form_fields=("titre",),
table="articles",
bulk_delete=True,
status_field="statut",
bulk_transitions=(("brouillon", "publie"), ("publie", "archive")),
)
Une colonne de cases apparaît alors en liste, et une barre d'actions sous le tableau.
Rien n'est offert par défaut
bulk_delete vaut False, et bulk_transitions est vide.
Une case à cocher offerte sans qu'on l'ait demandée invite à un geste irréversible sur une table que l'exploitant croyait en lecture.
Toute action passe par une confirmation
Comme la suppression unitaire.
Une action qui porte sur cinquante lignes n'a pas moins besoin de sa page de confirmation, et celle ci montre les lignes concernées ainsi que celles qui ont disparu entre l'affichage et la validation.
Les identifiants partent en paramètres liés
Les concaténer serait une injection, et le fait qu'ils viennent de cases cochées n'y change rien : une case cochée est une donnée de requête comme une autre.
Une sélection vide est refusée, une suppression groupée sans sélection effaçant la table entière si la clause était omise. Le plafond vaut 200 lignes, une sélection de cette taille venant plus souvent d'un « tout cocher » que d'une intention.
Transitions groupées, et le workflow¶
Une transition écrit la colonne status_field. La clause porte aussi sur le statut de départ.
C'est ce qui rend l'opération sûre
Une ligne dont le statut a changé entre l'affichage et la validation n'est pas touchée.
Une mise à jour sur la seule clé primaire écraserait un état que quelqu'un d'autre vient de poser. L'écart entre demandé et effectué est dit dans le message de retour.
La transition groupée exige forge-mvc-workflow installé
Sans lui, elle est refusée, et ce refus diffère délibérément de celui de la suppression.
Appliquer un changement de statut à N lignes sans pouvoir vérifier que la transition est déclarée écrirait un état que le workflow de l'application interdit peut-être, sur cinquante lignes d'un coup. Une fonctionnalité absente vaut mieux qu'une fonctionnalité qui contourne la règle.
Les transitions sont déclarées, jamais déduites
forge-mvc-admin ne lit pas le workflow de l'application.
Deviner qu'un statut brouillon mène à publie appliquerait à N lignes une transition que personne n'a écrite. La déclaration ne demande d'ailleurs pas forge-mvc-workflow : elle nomme des chaînes, et c'est l'exécution qui l'exige.
Les conditions de transition du workflow sont consultées, avec un contexte portant bulk: True : une règle métier peut refuser en masse ce qu'elle permet à l'unité. Le motif du refus remonte à l'écran.
Voir aussi¶
- Contrat de ressource : détail de
AdminResource. - Welcome-Admin : parcours d'apprentissage.
docs/roadmap/forge-admin-roadmap.md: trajectoire du back-office.
Filtrer, chercher et trier une liste¶
La liste affichait la table entière, page par page, sans autre choix que de tourner les pages.
Passé quelques centaines de lignes, retrouver un enregistrement devenait impraticable, et le back-office avec lui (ADMIN-LIST-FILTERS-001).
Une ressource déclare ce qu'elle ouvre.
AdminResource(
entity="Article", slug="articles", label="Article", plural_label="Articles",
list_fields=("titre", "statut"), form_fields=("titre", "statut"),
table="articles",
filter_fields=("statut",),
search_fields=("titre", "resume"),
)
| Paramètre d'URL | Effet |
|---|---|
?statut=publie |
filtre d'égalité, si statut est dans filter_fields |
?q=terme |
recherche LIKE sur tous les search_fields |
?tri=titre |
tri sur une colonne de list_fields |
?sens=desc |
inverse le tri |
Rien n'est ouvert par défaut
filter_fields et search_fields sont vides tant qu'ils ne sont pas déclarés, et ils ne sont jamais déduits de list_fields.
Un filtre porte sur une colonne nommée dans l'URL.
Accepter n'importe laquelle exposerait des colonnes que la liste n'affiche pas, un mot de passe haché par exemple, et une recherche sur une telle colonne permettrait d'en deviner le contenu caractère par caractère.
Les noms sont vérifiés, les valeurs sont liées
Un nom de colonne venu de l'URL est comparé à la liste déclarée, jamais à la seule forme d'un identifiant SQL.
Une colonne inconnue rend 400, la demande étant fautive et non le serveur.
Les valeurs partent en paramètres liés, quelles qu'elles soient.
Le tri, lui, ne prend aucune chaîne de l'URL dans sa clause : le sens est un booléen.
La recherche ne prend pas les jokers au mot
Chercher 100% ne ramène pas tout ce qui commence par 100.
Les métacaractères % et _ d'une saisie sont neutralisés, avec un ESCAPE '!' déclaré.
Le backslash serait piégeux, son sens dépendant d'un réglage de serveur sur MariaDB.
Le tri secondaire n'est pas décoratif
La liste trie aussi par clé primaire, sans quoi deux lignes de même valeur sortiraient dans un ordre que rien ne garantit, et une page paginée en montrerait une deux fois pendant qu'une autre disparaîtrait.
Il est omis quand le tri porte déjà sur la clé primaire : SQL Server refuse une colonne répétée dans un ORDER BY, là où les trois autres l'acceptent.
Les critères suivent la pagination.
Sans cela, tourner une page les perdrait et la liste repartirait entière.
Sessions actives¶
forge deploy:init demande de planifier forge sessions:gc, et rien ne disait si ce minuteur tournait.
forge-mvc-sessions-db compte les sessions depuis SESSIONS-METRICS-001, réparties par nature, et sait dire si la purge suit.
Personne ne regardait ce nombre : il fallait ouvrir un client SQL (ADMIN-SESSIONS-VIEW-001).
Le panneau vit sur /admin/_sessions, et le tableau de bord y mène.
| Ce qu'il montre | Ce que cela dit |
|---|---|
| Actives | combien de personnes sont connectées ou ont un panier en cours |
| Expirées, en attente de purge | ce que sessions:gc n'a pas encore balayé |
| Lignes en table | ce que la table coûte à chaque balayage |
| Répartition par nature | anonyme, authentifié, souvenir |
La question à laquelle cette page répond
Une table qui grossit pendant que le nombre d'actives stagne signale un minuteur sessions:gc arrêté.
Au delà de la moitié de lignes expirées, la page le dit et nomme la commande.
C'est le seuil que SessionMetrics.purge_backlog_ratio documente : la table coûte alors deux fois ce qu'elle devrait.
Aucun identifiant de session n'est affiché
Il n'y en a d'ailleurs pas à afficher, la mesure rendant des totaux, et c'est heureux.
Un identifiant de session lu sur un écran, une capture ou une épaule est une session volée.
Le contrat de la donnée l'interdit autant que le gabarit : SessionsPanel ne porte aucun champ d'identifiant, si bien qu'un gabarit modifié ne peut rien en faire fuir.
Le couplage est souple
forge-mvc-admin ne déclare pas forge-mvc-sessions-db en dépendance, comme il ne déclare ni forge-mvc-rbac ni forge-mvc-workflow.
Un projet dont les sessions vivent en mémoire n'a pas à l'installer pour ouvrir son back-office : le panneau dit alors pourquoi il est vide.
Une table absente ne fait pas tomber la page non plus : une page d'administration qui tombe parce qu'un panneau ne répond pas retire l'accès à tout le reste.
Le panneau ne révoque rien
Fermer une session depuis cet écran demanderait de désigner laquelle, donc de l'identifier, donc de l'exposer.
Fermer toutes celles d'un utilisateur est possible sans cela, delete_for_user existe, mais c'est un geste destructeur qui mérite sa page de confirmation et sa décision propre.